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Portrait de chat forestier

[Interview] David Huerta, l’homme qui murmure à l’oreille des chats sauvages

Cela fait plusieurs années que j’admire les photos de David et je me suis lancé à lui demander si il se prêterait au jeu de l’interview. Il a tout de suite accepté pour mon plus grand plaisir et j’espère pour le votre aussi. Toutes les photos présentent sur cette page sont de David et ne sont bien entendu pas libres de droit.


Portrait de chat forestier
 

Bonjour David, est ce que tu peux te présenter ?

Bonjour à tous,
Je m’appelle David, je suis né à Dijon en Côte d’Or en 1984. C’est dans mon enfance que j’ai commencé a m’émerveiller de la nature, sa beauté mais aussi sa bonté. Petit, j’avais pour habitude d’aller aux champignons en empruntant les sentiers de grandes étendues boisées et lors de mes nombreuses escapades, j’étais fasciné par la faune et la flore que laissait apparaître de très bon matin la lune. Bien que passionné de pêche, je passais déjà bien plus de temps à contempler le paysage que mon bouchon flottant sur la rivière.
Portrait de David HuertaC’est en 2009 que j’ai ressenti le besoin de conter mon histoire, ce qui me rendait tout petit face à l’immensité et la prestance de cette nature. A l’aide de mon premier appareil photo, le célèbre bridge, c’est ainsi que commença mon aventure photographique.
Après un an passé à ses côtés, je me jette dans le grand bain avec l’achat d’un reflex Canon 1000D. Très vite je passe sur un Canon 40D puis un 7D, ce qui me permet d’être plus proche de mes sujets notamment grâce à son crop facteur.
Toujours en quête de clichés exceptionnels, je possède actuellement un 5D3 complété par un 7D2, le tout couplé au Canon 400mm IS USM pour sa qualité d’image et son ouverture à 2.8, un régal pour mes yeux.
Mon terrain de jeu se trouve entre flancs de montagnes, prairies et chemins escarpés des forêts de ma région. Émerveillé par la faune qui m’entoure et par la complexité de cette dernière, j’ai développé mon approche autour de 2 espèces, l’un canidé et le second félin. En effet, c’est depuis 2012 que je leur dédie mes sorties, Maître renard et le mystérieux Felis Silvestris Silvestris. Ils m’ont rendu complètement dingue. Leur déplacement, leur élégance, leur puissance photogénique font de moi un photographe amateur comblé, de par la richesse et la sincérité que mes clichés font transparaître. Merci à eux !!!


Chat sauvage par David Huerta
 

Du coup tu as déjà répondu à ma deuxième question qui était par rapport au matériel alors on va passer à la suite : tes sujets préférés sont très difficiles à photographier, comment se passe une sortie photo type ? Affût ? Approche ?

Mes sorties se font au gré de mes humeurs et surtout en fonction de mon emploi du temps de papa. Je choisis toujours au préalable le secteur que je vais explorer et une fois sur place, je me vêtis de mon costume de photographe fait d’une bonne paire de chaussures de randonnée et bien évidemment d’une tenue de camouflage pour me fondre dans la nature.
Je passe beaucoup de temps à faire du repérage à pied mais également en voiture et ce sans même m’en rendre compte parfois. Il m’arrive de faire des détours lorsque je rentre du boulot ou autres, j’y prends énormément de plaisir car au-delà de voir je peux aussi sentir, élément très important lors de mes séances photos.
Je pratique la billebaude à 90 %, c’est là que je réalise mes approches, les 10 % restant se font donc à l’affût et plus particulièrement avec les renardeaux. Cette technique demande beaucoup de patience et d’observation, le repérage fait au préalable est donc crucial.
Si pour le renard l’approche est relativement simple, avec l’expérience bien sûr, je rentre tout de même fréquemment bredouille mais cela n’affecte en rien mon attachement pour ces mammifères. Il en est tout autre pour le bougre, le fameux Felis Silvestris, qui lui est bien plus lent dans ces déplacements et aux aguets du moindre bruit et mouvement, l’erreur est impardonnable.
Toutes mes images sont réalisées à main levée et la plupart du temps elles sont faites au ras du sol. Afin d’être au plus proche de mon sujet il n’est pas rare que je doive ramper sur plusieurs mètres. L’emploi d’un trépied est trop encombrant et me ferait perdre un temps qui est trop précieux en photographie animalière.


Renard dans la neige par David Huerta
 

J’ai une question difficile, as tu une photo préférée ou une photo qui a une histoire particulière ? Est ce que tu peux nous la montrer et nous expliquer pourquoi ?

Si pour moi la plus belle photo est toujours celle que je ferais demain, j’ai toutefois été touché particulièrement par l’un de mes clichés. Cette photo prise à mes débuts en 2012 est riche par l’anecdote qui l’accompagne !
C’était au printemps, quand la nature s’éveille et que tout est recouvert par la fraîche rosé. Comme à mon habitude, je pars ce jour-là faire une billebaude en forêt. Je me faufile entre différents épineux et buissons quand soudainement j’atterris sur une ligne à contre-jour, un faisceau de lumière éclairait un chemin en éblouissant de nombreuses toiles d’araignées. Cette lumière détourait le mouvement de quelques oiseaux qui virevoltaient. Je me suis alors allongé, un instant, afin d’admirer ce spectacle et ce avec un drôle de pressentiment, si seulement un renard, un chevreuil ou autres, ce serait fantastique.
Et là, après cinq minutes à peine écoulées, une laie traverse à quelques mètres de moi suivi de sa tribu de marcassins. J’ai eu tout juste le temps de prendre le petit dernier de la bande avec cette lumière et ces toiles… Voilà un moment indescriptible tant par sa magie que sa beauté que je n’oublierais jamais.


Sanglier en contre-jour par David Huerta
 

Est ce que tu as un ou des conseil(s) à donner à quelqu’un qui voudrait photographier le renard ou le chat ?

Si j’ai tendance à croire que l’approche parfaite relève parfois de la chance, de par mon expérience et un recul suffisant voici néanmoins les quelques conseils que je peux augurer aux jeunes passionnés qui souhaiteraient aborder le chat sauvage et le renard.

Tout d’abord il est primordial d’avoir une connaissance parfaite du terrain où évoluent ces deux espèces. En effet, et ce avant même d’envisager prendre le moindre cliché, le plus gros du travail commence par l’observation. Ce point est crucial pour un apport d’informations quant à leurs fréquences de sorties et leurs habitudes de déplacements.

Ensuite, il y a le facteur météorologique et plus particulièrement le vent. Ce dernier s’il est bien utilisé est un véritable allié mais à contrario il peut devenir votre pire ennemi. Je m’explique. Il est indispensable que vous ayez toujours un vent de face afin que votre odeur et le bruit si minime soit-il ne soit détecté. Un vent contraire ou tourbillonnant mettra systématiquement votre approche en échec.

Pour les débutants, il est donc nécessaire de travailler ses affûts. Dans la mesure du possible, entrainez-vous dans un secteur connu pour la présence de renards et/ou de chats. Effectuez de préférence vos repérages au lever du jour et à la tombée de la nuit, leur activité est plus importante à ces moments de la journée.

Je n’ai nullement la prétention d’avoir l’approche idéale mais j’espère que ces quelques conseils vous permettront de croiser le chemin de ces deux mammifères si passionnant.

Est ce que tu as des projets pour 2017 ?

Renard dans la neige par David HuertaPour 2017, j’exposerais au festival photo Nature d’Ornans du 19 au 21 mai 2017 et a l’expo photo de la vallée de l’ouche les 24 et 25 juin 2017 et encore quelques candidatures se feront courant 2017.

Un mot pour terminer cette interview David ?

Pour conclure Lionel, je dirais que la nature est généreuse et si vous la respectez elle vous le rendra… 😉

Vous pouvez retrouver d’autres photos de David sur sa page Facebook David Huerta Wildlife Photographer



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2 comments were added, add yours.

  1. Steph Denis

    Ça m’a vraiment fait plaisir de te lire.